08/01/2009

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Les grives

La grive mauvis

Appelée siffleuse ou quine dans le sud-est de la France, la grive mauvis appartient à la famille des turdidés comme le merle noir, le rouge-gorge et le rossignol. Un large sourcil blanc ou jaunâtre, les flancs et le dessous des ailes de couleur rousse permettent de la différencier aisément des autres grives: draine, musicienne ou litorne. Le mâle et la femelle ont un plumage identique. D'un poids d'environ 65 g, c'est la plus petite des grives européennes. Une sous-espèce de plus grande taille occupe l'Islande et les Iles Féroé, au large de l'Ecosse. De fin-mai à fin-juillet deux pontes successives composées de 4 à 6 veufs sont déposées dans des nids placés à faible hauteur.

Son cadre de vie : les forêts, les haies, les bosquets

En période de reproduction, dans le nord de l'Europe, la grive mauvis se plaît en milieu forestier, le plus souvent dans les bouleaux, pins et épicéas. Elle affectionne plus particulièrement les bords de rivières et les terrains marécageux. Pendant l'hivernage, au sud et à l'ouest de l'Europe, les haies et les bosquets en bordure de prairies et de champs ont sa préférence. Les proies animales forment l'essentiel de sa nourriture: insectes et leurs larves, petits escargots et surtout vers de terre, proie la plus fréquente en été. En automne, comme les autres grives, elle profite de l'abondance des baies pour varier son menu.

En France

La grive mauvis ne niche pas en France. Elle arrive dans notre pays généralement en octobre, en provenance de Scandinavie et de Sibérie. Ses déplacements migratoires sont surtout nocturnes et les tsii... tsii... émis continuellement par les vols en migration permettent de repérer facilement les forts passages. Les arrivées se prolongent jusqu'au cœur de l'hiver. Espèce commune à cette époque, on l'observe régulièrement en compagnie de grives litorne. Sensible aux conditions climatiques, elle paie un lourd tribut lors des vagues de froid. La grive mauvis est, avec la grive musicienne, une espèce gibier très recherchée en France, en particulier dans la moitié sud.

Avenir de la grive mauvis

Les fluctuations des mouvements migratoires de la grive mauvis, soumis essentiellement à la météorologie, peuvent faire croire tour à tour à un accroissement ou à une chute des effectifs. Après une augmentation sur les territoires de nidification au cours des dernières décennies, on note à l'heure actuelle une certaine stabilité, voire des décroissances locales. La réalité est cependant difficile à cerner et le maintien d'un habitat optimal à tous les stades du cycle biologique de l'espèce reste le meilleur garant de la bonne santé des populations de grives mauvis.

La grive musicienne

La grive musicienne appartient à la famille des Turdidés, comme le merle noir, le rouge-gorge et le rossignol. Son plumage brun-olive sur le dos, blanchâtre et taché de macules noirâtres sur le ventre est identique chez les deux sexes. D'un poids d'environ 75 g, la grive musicienne est de taille intermédiaire entre celles de ses proches parents : plus petite que la grive litorne et la grive draine, mais plus grande que la grive mauvis. A partir de la mi-février, le mâle, haut perché, émet son chant mélodieux aux motifs répétés, annonciateur d'un printemps tout proche. Dès avril, les premières pontes, de 4 à 5 œufs, sont déposées dans un nid garni de "ciment" de boue séchée. Après 2 semaines d'incubation, les œufs éclosent. Les jeunes s'envolent à l'âge de 17 jours. Dans la plupart des cas, une deuxième et même une troisième couvée se succèdent.

Son cadre de vie

Au printemps et en été, la grive musicienne affectionne des taillis bien garnis, agrémentés çà et là de jeunes résineux, en particulier d'épicéa. Toutefois, la grive musicienne ne dédaigne pas les bois de feuillus. Elle préfère un sol frais, voire légèrement humide. Au cours de l'hiver, la présence de nourriture règle sa répartition. L'essentiel de son régime alimentaire est composé de proies animales. Les insectes et leurs larves, les vers de terre et les petits escargots qu'elle casse parfois à l'aide d'un caillou qui lui sert d'enclume, sont quotidiennement au menu. En automne, elle consomme de nombreux fruits, tels que les mûres, les baies de houx, de lierre ou de genièvre et des grains de raisin.

En France

La grive musicienne est très commune dans le paysage français jusqu'à l'altitude de 1600 m. Présente toute l'année, elle apparaît comme sédentaire. Cependant à partir de mi-septembre, des milliers d'oiseaux de cette espèce quittent les pays scandinaves et d'Europe centrale pour déferler vers le sud de l'Europe de l'Est et même jusqu'en Afrique du Nord. En hiver, ces populations viennent grossir considérablement les rangs de nos grives autochtones, réfugiées sur le littoral Manche-Atlantique et Méditerranéen. La grive musicienne est certainement l'un des oiseaux les plus chassés en France, notamment dans le Sud-Ouest et le Sud-Est de notre pays.

Avenir de la grive musicienne

La grive musicienne ne semble pas menacée par une évolution sensible de son habitat. S'adaptant à la vie citadine, capable d'élire domicile dans les parcs et les jardins, elle peut s'accommoder d'une certaine urbanisation du paysage. Cependant, à l'automne, les bandes innombrables d'individus migrateurs apparaissent comme une ressource inépuisable. Là est peut-être le danger pour un oiseau tellement commun qu'on l'imagine difficilement susceptible de se raréfier

La grive litorne

La grive litorne fait partie de la famille des turdidés, comme le merle noir, le rouge-gorge et le rossignol. C'est la plus colorée des grives. Elle porte un manteau tricolore : tête, arrière du cou et le croupion gris bleu, ailes et dos brun roussâtre, poitrine et flancs roux fauve tachetés de noir et queue pratiquement noire. De larges taches brun foncé parsèment la tête très bleutée du mâle, alors que chez la femelle, le gris domine et les taches sont plus fines en forme de lances. D'un poids moyen d'environ 100g, la grive litorne est sensiblement de la taille du merle noir. Son cri, un " Kia-Kia " ou " Tia Tia " selon les régions, très sonore, permet de la reconnaître aisément. C'est un oiseau sociable qui niche en colonies, migre et hiverne par petits groupes qui peuvent atteindre parfois plusieurs centaines d'individus. Au sein des colonies la vigilance est de règle et déclenche fréquemment des comportements agressifs collectifs à l'égard des prédateurs. A partir d'avril, les pontes de 5 œufs sont déposées dans des nids d'herbes sèches grossièrement construits à une dizaine de mètres de hauteur. La couvaison dure entre 13-14 jours. Les deux parents élèvent la nichée qui s'envole une quinzaine de jours plus tard. Une seconde ponte a lieu fin mai-début juin.

Son cadre de vie

Les terrains découverts, essentiellement les prairies, sont les lieux de prédilection de la grive litorne. Elle ne dédaigne pas les haies, les bosquets et les massifs forestiers. Un sol humide a sa préférence. En automne et hiver, elle consomme essentiellement des baies et des fruits, d'où une fréquentation assidue des vergers. Au printemps et en été, son régime alimentaire est presque totalement animal : insectes, araignées, vers et escargots.

En France

La grive litorne est surtout abondante en France pendant la migration et l'hivernage. La migration d'automne s'amorce vers la mi-novembre avec des variations plus ou moins précoces ou tardives en fonction des conditions climatiques. Les effectifs augmentent régulièrement jusqu'en janvier. Les déplacements migratoires ont lieu en plein jour. Durant l'hiver, les bandes de litornes sont plus ou moins nomades, fuyant le froid qui les empêche de s'alimenter. En mars et avril, elles regagnent leurs sites de reproduction nordiques. Son aire de nidification, comprise essentiellement de la Scandinavie à la Russie, s'étend vers le Sud depuis le début du siècle. En France, les premières nicheuses ont fait leur apparition dans les années 1950 sur les frontières Est du pays. Ce mouvement vers l'Ouest s'est progressivement accentué, et dans les années 1980, la nidification a progressé vers le Nord, la région parisienne, le Massif Central et les Alpes du Sud. La grive litorne est un oiseau très convoité par les chasseurs français, en particulier ceux de la moitié sud, au même titre que les autres grives.

Avenir de la grive litorne

L'évolution des effectifs de grives litornes est difficile à appréhender tant les conditions météorologiques régissent les déplacements d'automne et d'hiver, et par rapport à des données non disponibles dans de nombreux pays. L'aire de nidification est en augmentation et la tendance démographique semble être stable. La diminution du nombre de prairies permanentes, très appréciées des grives litornes, pourrait avoir à terme une incidence néfaste sur cette espèce. En France, l'évolution des populations nicheuses reste stable depuis 1994 et l'aire de reproduction s'étend vers le Sud. Une extrême vigilance, renforcée par un comportement grégaire, et une capacité d'adaptation remarquable vis-à-vis du froid représentent de formidables atouts pour assurer le maintien des effectifs de grives litornes.

La grive draine

La grive draine appartient à la famille des turdidés au même titre que le merle noir, le rouge-gorge et le rossignol. D'un poids compris entre 100 et 150 g, c'est la plus grosse des grives. Son plumage d'aspect très pale, avec un dos gris uni et le ventre parsemé de larges et nombreuses taches, est identique chez le mâle et la femelle. En vol, on la reconnaît aisément grâce à sa couleur blanche du dessous des ailes. Elle signale sa présence par un cri sec et roulé : trr… trr. Les couples s'installent très tôt sur leur territoire de reproduction. Parfois dès la mi-janvier, perché au sommet d'un grand arbre, le mâle émet un chant à tonalité élevée, aux motifs simples et répétés. Les premières pontes ont lieu au tout début du mois de mars. Les 4 œufs prennent place dans un nid composé d'herbes et de brindilles, liées avec de l'argile, à 7-8 mètres de hauteur. La femelle seule couve pendant deux semaines. Une quinzaine de jours plus tard, les jeunes quittent le nid. Une deuxième ponte est déposée en mai.

Son cadre de vie

La grive draine est une solitaire, agressive et téméraire, en permanence sur le qui-vive. Elle affectionne les bosquets, les allées d'arbres, même ceux des parcs et jardins. On la rencontre aussi en lisière et dans les clairières des forêts de feuillus et de conifères, ainsi que dans des peupleraies, entre 500 et 2000 m d'altitude. Le plus important pour elle est de disposer d'un espace ouvert, prairie ou pâturage par exemple, où elle peut facilement s'alimenter. Son menu, diversifié, comprend aussi bien des proies animales - vers de terre, insectes et leurs larves, escargots - que des végétaux - jeunes pousses, baies et fruits. En automne-hiver, elle se nourrit des baies du gui ce qui lui vaut le nom de grive du Gui dans de nombreuses langues européennes.

En France

L'espèce est très commune, aussi bien en période de reproduction ou d'hivernage, mais les densités restent faibles. Présente ainsi toute l'année, elle apparaît donc comme sédentaire. Cependant, en octobre-novembre, des petites troupes de grives draines migratrices, originaires du nord et de l'est de l'Europe atteignent notre pays qui constitue un des principaux quartiers d'hivernage avec la péninsule Ibérique et l'Italie. En hiver, les grives draines ont un comportement plutôt erratique, guidé par l'abondance des baies. Après un hivernage diffus, la migration de retour est sensible dès la fin février-début mars. C'est une espèce de gibier convoitée en France, essentiellement dans la moitié Sud, comme toutes les autres grives et le merle noir.

Avenir de la grive draine

La tendance démographique de la grive draine sur la période 1970-1990 se traduit par une croissance des effectifs en Allemagne, au Danemark et en Hongrie mais les populations dans d'autres pays sont stables (Croatie, Espagne et Royaume Uni) ou fluctuantes (Bièlorussie). En revanche, il est constaté un déclin des populations nicheuses au Pays Bas, en Italie (espèce protégée), en Ukraine et en Estonie. Globalement, l'aire de reproduction européenne est plutôt stable sauf en Italie et en Hollande où elle régresse. Les effectifs européens se situent entre 2,2 et 3,1 millions de couples et ils sont jugés globalement stables. En France, on assiste à une expansion de l'aire de reproduction de l'espèce et on note une stabilité dans l'évolution de l'indice d'abondance de 1994 à 1999. Dans l'ensemble, l'avenir de la grive draine parait serein, eut égard probablement à sa forte amplitude d'habitat, et au fait que l'espèce est peu chassée. Aucune menace particulière ne pèse sur l'habitat de la grive draine, à l'exception peut-être des prairies qui ont fortement régressé ces dernières années. Extrêmement méfiante, la grive draine n'est pas une proie facile pour les prédateurs, homme y compris.

Sources: ONCFS

06:00 Écrit par Pascal dans Animaux | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

Commentaires

Bonjour Pascal superbe photo!
je me souviens ado on avait soigné une grive blessée et puis mise en volière ce qu'on ne savait pas c'est qu'une fois rétablie elle s'est attaquée au autres volatiles donc obligée de la remettre en liberté mais ouf elle était soignée
tout gros bisous ainsi qu'à notre petite famille

Écrit par : Anne | 08/01/2009

Bonjour Pascal... Il fait moins froid ce matin et il est même tombé quelques flocons cette nuit, j'espère que ça ne va pas continuer !
Que ta journée soit douce !
Gros bisous et à bientôt

Écrit par : Chadou | 08/01/2009

Un petit coucou chez un amoureux de la nature en espérant que tu n'as pas trop souffert des conditions métérologiques.
Bisous à tous
Papy

Écrit par : Freddy | 08/01/2009

Les oiseaux sont mes grands amis! Merci pour ce billet très intéressant, Pascal!
Belle journée à toi!
Bizzz

Écrit par : Rose | 08/01/2009

Bonjour, les pauvres oiseaux ne sont pas tres heureux en ce moment avec ce froid
bisous

Écrit par : sylvie | 08/01/2009

Bonjour, Comment ça va par ce froid? C'est l'occasion de voir pleins d'oiseaux qui viennent aux mangeoires, même ceux qu'on ne voit jamais.
Il fait encore bien froid ce jour, moins qu'hier, mais plus humide...Le soleil est présent et la journée lumineuse. Je te souhaite une agréable fin de journée.Bizz.@+

Écrit par : SOLEDAD | 08/01/2009

Bonjour Pascal Faute de grives je ne mange pas des merles.
Amicalement
Duke

Écrit par : DUKE | 08/01/2009

Bonjour Pascal, Toutes ces grives je les connais très bien car ici en Ardèche on les rencontre au moment de la migration, car nous avons des cols ou il y a des centaines de sortes d'oiseaux qui migrent au mois de février, mars. Belle soirée et merci pour tous ces commentaires qui sont très intéressants.

Écrit par : tede | 08/01/2009

je l'écouterait pendant des heures serais tu devenu ornithologue?
Comment va ta petite famille?
gros bisous et bonne soirée.

Écrit par : Laura | 08/01/2009

bonsoir Dés qu'on met à manger dans le jardin, ils arrivent par dizaine
ils ont faim et froid ces petits oiseaux
bisous

Écrit par : Corinne | 08/01/2009

Bonjour,
Je suis arrivé ici sur ce site par hasard. Si je peux me permettre de préciser qu'il s'agit d'une grive musicienne sur la photo pour ceux qui n'en savent rien.
Pour plus d'information sur les grives vous pouvez visitez le site http://www.grives.net
Au plaisir et bonne continuation

Écrit par : Grives.net | 07/12/2010

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